Asphalt 9 Legends : Notre Test en rattrapage sur Switch

Les offres de jeux gratuits ou de réductions extrêmes se multiplient en cette période de confinement. Les gamers peuvent également chercher leur bonheur du côté des free-to-play, en gardant toujours en tête les dépenses potentielles liées aux microtransactions. Au sein de ce format qui a fait ses preuves, nous avons décidé de revenir sur Asphalt 9 Legends, héritier d’un hit du jeu mobile qui, depuis sa sortie en octobre 2019, n’a toujours aucun concurrent sérieux sur la machine hybride de Nintendo.

Lancée par Gameloft à une époque où le studio d’origine française multipliait les titre d’exploitation inspirés des plus grands blockbusters, la série Asphalt s’est progressivement enrichie, affinée et affirmée au fil des années, et s’est frayée un chemin sur le marché du jeu PC avec son septième épisode. Si l’arrivée de la série sur Switch avec l’opus 9 marque une nouvelle étape dans la politique commerciale de Gameloft, le jeu s’adapte étonnamment bien à la console hybride de Nintendo. Bien que l’on déplore un aliasing parfois poussé, la qualité technique est déjà remarquable : la sensation de vitesse est presque constante (on constate en mode tablette un ralentissement régulier dans un carrefour du circuit de Rome, si l’on emprunte une rampe). Le framerate est donc solide, les bolides modélisés avec soin, les décors sont très denses, et les effets météorologiques sont spectaculaires, notamment ces vagues gigantesques qui s’abattent sur les côtes d’Ecosse. Le jeu impressionne d’ailleurs par la variété de ses environnements : on passe des rues humides et éclairées au néon de Shanghai aux ruelles étroites de Rome, des pentes ensoleillées de San Francisco aux pavés du Caire. Chaque tracé regorge de passages secrets, de carrefours périlleux et de trajectoires parallèles, le joueur pouvant ainsi varier les approches tactiques d’une course à l’autre. Selon les objectifs et les règles du jeu (contre la montre, course classique, poursuite contre les forces de l’ordre, etc.), les parties durent entre 30 secondes et trois minutes, en un à trois tour ; c’est clairement dans cette décision de game design que les origines « smartphones » du jeu se font le plus sentir.

Les joies et les peines du mode carrière

Asphalt 9 Legends introduit un mode carrière hors-ligne composé de centaines de courses différentes, réparties dans des tournois (ou plutôt des saisons) à débloquer au fil du jeu. Evidemment, le concept de Free-To-Play passe vite à celui d’un « Pay-To-Win » si l’on veut se concentrer exclusivement sur ce mode solo. D’une part, chaque véhicule dispose de trois à six niveaux de carburant. Lorsque le niveau global tombe à zéro, il faut patienter plusieurs minutes ou plusieurs heures avant de pouvoir les réutiliser… à moins de dépenser des jetons virtuels durement gagnés. D’autre part, les bolides se débloquent très lentement : certaines courses donnent accès à des cartes de « plans » spécifiques à un véhicule spécifique, et il faut rassembler entre 20 et 60 plans du même type pour obtenir une nouvelle voiture. La chasse aux plans pour ladite voiture ne s’arrête pas là, puisqu’il faudra ensuite en récupérer d’autre afin de lui faire passer ses niveaux, chaque évolution autorisant des améliorations supplémentaires. Divisées en quatre items (vitesse, accélération, maniabilité, nitro), ces améliorations s’échangent contre des crédits virtuels glanés au fil des courses.

L’appât de la boutique

Il est également possible d’installer des pièces supplémentaires dans le moteur pour booster ses performances : ces pièces se gagnent en remplissant les objectifs annexes de certaines courses (déraper sur un certain nombre de mètres, réaliser des cascades, projeter des adversaires dans le décor ou effectuer quelques tonneaux dans les airs), ou se trouvent dans des sachets de cartes dans la plus pure tradition de Pokémon. Pouvant également contenir des plans pour des voitures ou des crédits, ces pochettes surprises peuvent être récupérés en accomplissant des tâches quotidiennes (participer à un certain nombre de courses multijoueurs, d’événements journaliers ou d’événements exceptionnels)… ou en passant par l’inévitable boutique virtuelle. Celle-ci représente évidemment le nerf de la guerre pour Gameloft : si on y trouve un sachet gratuit toutes les quatre heures, il faut dépenser ses deniers virtuels durement gagnés pour espérer débloquer les meilleures pièces ou les meilleurs plans. Et si cela ne suffit pas, on peut y dépenser de l’argent bien réel, ce qui dans une certaine limite est tout à fait acceptable (70 euros de dépenses cumulées n’est pas déraisonnable, selon le temps que l’on consacrera au jeu), mais on conseillera comme toujours aux gamers de tenir des comptes bien précis afin de ne pas être surpris en fin de mois…

Addiction virtuelle

Comme tout bon Free-To-Play (ou Pay-To-Win), le game design d’Asphalt 9 Legends est entièrement pensé pour exploiter l’addiction du joueur. Les courses sont volontairement courtes et donnent une sensation de progression constante (les objectifs secondaires se remplissent en permanence), mais les gains réels sont relatifs, à moins de consacrer des heures et des heures au jeu. Cette stratégie commerciale est toutefois contrebalancée par les nombreux objectifs quotidiens (trois courses pour glaner des crédits, deux ou trois épreuves pour débloquer ou faire évoluer des véhicules, un à trois tournois courant sur deux à sept jours) et les compétitions multijoueurs, où il faut faire gonfler son score course après course afin de passer des caps importants (chacun donnant droit à des récompenses de plus en plus généreuses en termes de plans de véhicules, de pièces importées ou de crédits). Et puis il y a les fameux événements exceptionnels, qui permettent d’accéder à des bonus vraiment substantiels. La possibilité de rejoindre un club est également une excellente idée, les victoires cumulées des différents membres débloquant des bonus souvent substantiels. Gameloft a clairement soigné l’aspect communautaire de son bébé, et les lieux de rencontre fleurissent, que ce soit dans le jeu (un menu chat est accessible à gauche du menu principal) ou en dehors (Reddit, Discord, Facebook, etc.).

Un descendant de Burnout

On se passerait bien d’analyser le modèle global si Gameloft n’offrait pas à la Switch son meilleur jeu de course arcade. A cheval entre Burnout et les meilleurs Need for Speed, Asphalt 9 Legends propose des morceaux de bravoure grisants, truffés d’accidents filmés en ultra-ralenti ou de poursuites délirantes avec les forces de l’ordre. Les tremplins sont répartis aux quatre coins des circuits encouragent les pirouettes les plus folles, comme au bon vieux temps des jeux de snowboard ou de skate sur PlayStation et Nintendo 64. Si l’intelligence artificielle des adversaires peut parfois laisser planer un certain doute, la tension des courses est constante et les victoires particulièrement gratifiantes. Joie supplémentaire : il est possible de jouer à plusieurs en local. Après tout, n’est-ce pas là l’intérêt de débloquer le plus de véhicules possibles ?

En bref : Un Free-To-Play qui sait frustrer le joueur pour le diriger vers sa boutique virtuelle, mais lui offre tout de même un spectacle quatre étoiles et des sensations de vitesse inédites sur Switch. Si l’on se limite à de sages dépenses, Asphalt 9 Legends est hautement recommandé sur la console hybride de Nintendo, mais aussi sur PC, iOS et Android.

Notre Verdict : 8/10

Crédits : Gameloft

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