Bioshock Remastered Collection : Notre Test sur Switch

Sorti durant l’été 2020 sur la console hybride de Nintendo, la trilogie Bioshock constitue encore aujourd’hui une démonstration de force dans le genre du First Person Shooter immersif. Si les trois volets ne se valent pas, la perfection constante du production design et les idées de gameplay innovantes courent sur l’ensemble de la série, laissant espérer que 2K Games daignera un jour se repencher dessus…

Sorti sur PC en août 2007, le premier Bioshock est l’oeuvre de Ken Levine, auteur emblématique de deux First Person Shooters visionnaires : Thief – Dark Project et System Shock 2. Plutôt discret au début des années 2000 (on le voit tout de même prendre les rênes d’un anecdotique soft de super-héros en vue de dessus intitulé Freedom Force), Levine retourne l’industrie avec Bioshock. Reprenant plusieurs mécaniques de gameplay de System Shock (d’où le clin d’oeil du titre), le jeu débute par un crash aérien et plonge presque aussitôt son utilisateur dans une cité sous-marine utopique, aussi vaste et flamboyante qu’étrangement désertée. Longue de 7h30 en ligne droite, l’aventure baigne dans une esthétique art-déco d’une beauté rare, chaque parcelle de l’environnement ayant visiblement bénéficié d’un soin maniaque de la part de l’équipe artistique. Ce décor hypnotisant contraste avec le bestiaire que l’on doit bientôt affronter : des « splicers » variablement glauques (pensés comme des versions déformées des personnages de Norman Rockwell), des petites filles possédées et autres brutes en scaphandres tout droit sorties d’un roman de Jules Verne. Dans un premier temps armé d’une simple clef à mollette, le héros développe peu à peu des pouvoirs psychiques, et peut aussi jongler avec diverses pétoires old school (mitraillette de l’époque de la Prohibition, vieux révolver, etc.). L’environnement influe constamment sur la progression des combats, et les auteurs ne manquent pas de jouer sur l’infiltration progressive de l’eau au sein de cette pseudo-Atlantide. Réalisé à l’aide du moteur graphique Unreal Engine 2.5, Bioshock a étonnamment bien vieilli malgré ses treize ans d’âge, et la version Switch affiche un framerate de 30 images par seconde très solide, y compris en mode nomade.

Devant le triomphe surprise du premier opus, 2K lance rapidement la production d’un second Bioshock. Ken Levine laisse toutefois le projet à d’autres créatifs, ce qui explique sans doute l’immobilisme de cette séquelle. Si Bioshock 2 ne manque pas de poussées d’adrénaline et bénéficie toujours d’un production design saisissant, le fait de devoir ré-explorer la cité sous-marine de Rapture (avec certes une majorité d’environnements inédits) peut décevoir. L’univers de la série a toutefois droit à de passionnants développements, le jeu explorant les origines de l’imposant Big Daddy et lançant aux trousses du protagoniste une Big Sister réellement terrifiante. Se vendant à 3 millions d’exemplaires (contre 4 pour le précédent), Bioshock 2 est considéré comme un succès par ses investisseurs, qui donnent aussitôt le feu vert à un dernier épisode. Ken Levine revient à la tête de Bioshock Infinite, et renverse comme on pouvait s’y attendre tout le concept de la saga. Après avoir sondé les profondeurs de l’océan, l’auteur projette son héros dans une cité aérienne, l’occasion de baser son game design sur la notion de hauteur. A l’inverse donc de l’original, l’aventure commence dans une barque perdue au milieu d’une tempête, pose brièvement ses caméras à l’entrée de Rapture mais guide rapidement le joueur jusqu’au sommet d’un phare, lequel se transforme en authentique capsule spatiale et décolle loin au-dessus des nuages, révélant la ville flottante de Columbia. Cette entrée en matière sublime n’est qu’un moment fort parmi d’autres, au sein d’un récit dystopique comme on en croise trop rarement dans l’industrie du jeu vidéo.

En bref : Réalisés par Ken Levine (System Shock 2), Bioshock et Bioshock Infinite sont des bijoux d’une beauté envoûtante. Confié à d’autres, l’épisode intermédiaire Bioshock 2 remplit son contrat sans toutefois renouveler la formule de son modèle. Basée sur la version remasterisée sortie sur PC, PS4 et Xbox One en 2016, et incluant l’ensemble des DLC et des modes existants, la trilogie s’en sort techniquement très bien sur Nintendo Switch avec un framerate constant de 30 images par seconde, y compris au format nomade. Admirable.

Notre Verdict : 8,5/10

Crédits : 2K Games

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