Street Power Football : Notre Test

Lancée en 2005, la série FIFA Street s’est éteinte en 2012 sur Xbox 360 et PlayStation 3, laissant orphelins les joueurs attirés par une forme plus libre de football pendant près d’une décennie. Le mode histoire de FIFA 20, baptisé Volta, avait tenté de renouer avec cette ambiance urbaine et freestyle, sans pleinement convaincre. Street Power Football entend donc combler un manque, mais sa réalisation est-elle suffisamment aboutie pour faire oublier le blockbuster d’EA ?

Production totalement indépendante, Street Power Football n’a clairement pas les mêmes moyens que des superproductions footballistiques telles que FIFA ou eFootball Pro Evolution Soccer. Le jeu doit donc avant tout se distinguer par sa mise en scène, son esthétique et ses idées de game design, c’est-à-dire des arguments qui mettent à égalité tous les studios de développement. D’un point de vue strictement visuel, et sans rentrer dans les questions de moteur graphique et de qualité de modélisation, on peut immédiatement émettre quelques réserves sur le character design. Souffrant d’expressions très rigides et de proportions étranges (épaules trop larges, courbes des hanches et des jambes gonflées à bloc), les différents personnages jouables ressemblent franchement à des pantins artificiels. L’animation en souffre par effet de ricochet, les bras trop longs donnant lieu à des postures souvent maladroites ; un comble, quand on sait que le principal focus du jeu est le style.

S’ouvrant sur le monologue de Séan Garner, un freestyler ostensiblement filmé sur fond vert et (mal) doublé en anglais, le jeu plonge rapidement son utilisateur dans un didacticiel assez fâcheux, en cela qu’il souligne le manque de fun qui émane du game design. Si les systèmes de tricks et de protection du ballon se montrent relativement prometteurs, avec à la clé quelques beaux gestes aptes à ravir les amateurs de ballon rond, leur maniement manque cruellement de subtilité. Pour passer la défense avec un petit pont ou une technique du même ordre, il suffit ainsi de presser une gâchette et un bouton simultanément ; le jeu s’occupera du reste. Pour tirer, appuyez sur A. Pour courir, appuyez sur LR. Pour changer de joueur, appuyer sur L, et pour vous déplacer latéralement, appuyez sur R. Un coup spécial est également disponible si l’on parvient à ramasser un item sur le terrain, faisant parfois décoller votre avatar à plusieurs mètres au-dessus du terrain…

Volontairement basique, le panel de commandes de Street Power Football semble pensé pour des matchs nerveux et rapides, plus proche de l’arcade décomplexé que de la simulation façon FIFA ou PES. Mais dans les faits, que ce soit dans le mode campagne « Become King » ou dans les parties rapides, l’action se révèle être mécanique et linéaire, et surtout dépourvue d’effets de réalisation mémorables. Placée trop en retrait, la caméra amenuise en permanence le punch des tirs, déjà peu aidé par des bruitages très timides (le panel de chansons relève heureusement le niveau de la bande son). Pas de changement d’angle de vue non plus, ni de travellings virevoltants lors des attaques spéciales ou des buts, si ce n’est un ralenti mille fois vu ailleurs. Il suffit de se souvenir de bijoux rétro comme Soccer Brawl ou Super Sidekicks sur Neo-Geo pour saisir l’étendue des lacunes de Street Power Football en termes de spectacle et de plaisir immédiat. Les développeurs tentent de compenser avec une poignée de modes annexes, par exemple des tirs sur cibles en coup de pied arrêté (« Trick Shot »), des matchs en cage (« Panna ») ou du jonglage freestyle (en fait un jeu de rythme basique, où l’on doit presser les bonnes touches au bon moment en fonction des indications qui apparaissent à l’écran). Mais le jeu oublie au passage de proposer l’essentiel, à savoir des tournois en solo… A petit prix, c’est-à-dire aux alentours de 20 euros, on aurait pu relativiser ces écueils. A 40 euros, c’est tout de même plus problématique.

En bref : si l’on ne doute pas des bonnes intentions des développeurs, et en dépit d’un contenu respectable (présence de plusieurs figures du freestyle, bande son honnête, nombreux terrains – dont un à Sarcelles ! – et plusieurs modes de jeu), Street Power Football souffre d’une absence de punch et de mise en scène, d’un gameplay basique et de choix esthétiques très discutables. FIFA Street n’a pas encore de successeur valable…

Notre Verdict : 4/10

Crédits : Maximum Games, SFL Interactive, Gamajun Games

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