GPD Win Max : Notre Test du Mini-PC Gamer

Un PC Windows 10 moins large que la Switch, proposant un écran de 8 pouces (contre 6,2 chez Nintendo), un contrôleur Xbox intégré et un processeur capable de faire tourner de façon correcte des jeux récents ? Vous pensez bien qu’on allait s’empresser de tester la bête ! Après un mois d’essais en tous genres, nous vous livrons nos impressions (spoiler alert : très positives !) sur le GPD Win Max.

Une gamme innovante

Lancé en précommandes via une campagne IndieGogo qui a rencontré un triomphe, et désormais vendu pour un peu plus de 750 euros, le GPD Win Max est le dernier né d’une gamme d’ordinateurs hybrides développée depuis bientôt cinq ans par le constructeur chinois GPD. Déjà responsable au début des années 2010 de quelques consoles Android très convaincantes (notamment la Q9 et ses deux sticks analogiques de bonne qualité), la compagnie avait su réchauffer le coeur des joueurs PC avec le premier GPD Win, une machine rétrospectivement limitée sur le plan technologique et desservie par des hausses de température difficilement supportables. Sorti en 2018, le GPD Win 2 proposait des performances considérablement améliorées, un écran tactile plus grand et de meilleure qualité, et un disque dur SSD upgradable jusqu’à 512 Go. Pour donner un contexte, la machine est encore aujourd’hui capable de faire tourner le remake de Resident Evil 3 dans des conditions jouables, ou Grand Theft Auto, Doom 2016 et Skyrim à plus de 25 images par seconde en options graphiques limitées. Mais encore une fois, la dissipation de chaleur pouvait poser problème, et la batterie tenait difficilement trois heures pour un jeu exigeant.

Clavier et contrôleur

Le GPD Win Max témoigne d’une toute nouvelle approche : alors qu’Alienware a annoncé son intention de repomper de façon éhontée la Switch avec le Concept UFO (on est quand même pressé de voir le résultat), GPD revendique son appartenance au monde de l’ordinateur. Le modèle Max propose donc un clavier QWERTY beaucoup plus grand que celui du Win 2, et dont l’effet gomme a totalement disparu. Certes, quelques touches sont placées de façon étranges (en particulier les essentielles WASD) et d’autres sont trop petites (les lignes F1 à F12 et 1 à 0), mais le confort reste inédit pour un ordinateur de cette taille. Si les boutons start, select et Xbox sont difficilement accessibles, le contrôleur intégré reste l’argument principal, avec deux sticks cliquables qui agrippent parfaitement les pouces (L3 et R3 ne sont donc plus relégués sur la tranche, contrairement à ce qu’imposait le Win 2), des boutons en façade et en gâchettes de très bonne qualité, et surtout un pad digital digne de celui de la PlayStation Vita. Un interrupteur disposé sur le côté du PC permet également de convertir les sticks et gâchettes en souris. Et comme si ça ne suffisait pas, un pad tactile très convaincant occupe l’espace qui sépare les deux sticks. Enfin, le Win Max comprend des cartes Wi-fi et Bluetooth.

Ecran et connectique

L’écran IPS de 8 pouces dispose d’une résolution de 1280 par 800 pixels, avec une densité de pixels par pouce assez exceptionnelle. La clarté est constante, les couleurs éclatantes, et le tactile répond parfaitement, même avec plusieurs points de contact. A noter que la charnière s’ouvre à 180°, sans toutefois jamais gêner la prise en main ou l’accès aux gâchettes. En théorie assez lourd (plus de 700 grammes), l’appareil tient bien dans les paumes et donne une sensation de solidité bienvenue, surtout quand on connaît les aléas en la matière du marché chinois. Les enceintes placées à l’arrière de la bête sont d’une puissance surprenante et, contrairement à ce qui arrivait souvent sur Win et Win 2, le son est rarement étouffé par les mains de l’utilisateur. En façade, on trouve une prise casque et un micro. A l’arrière, on a droit à deux ports USB-A 3.1, un port USB-C, un port HDMI et un port Thunderbolt 3 (il est donc possible de brancher l’objet à une station graphique externe afin de gagner en puissance). Sur le côté droit sont enfin logés un slot pour une carte MicroSD et un port Ethernet.

Dans les entrailles du monstre

Le plus important est évidemment à l’intérieur : le Win Max est équipé de 16 Go de Ram LPDDR4 et d’une carte SSD de 512 Go (très difficile à upgrader, car le démontage se révèle être périlleux). Le processeur est un Intel i5 de 10ème génération (1035G7), connu pour être plus puissant qu’un vieil i7. Nos tests tendent à le confirmer : il est possible d’utiliser ce PC pour du montage vidéo ou divers types de calculs bureautiques sans qu’il ne se mette à cracher ses tripes aux quatre vents. Le processeur graphique intégré, l’IRIS Plus 940 d’Intel, est un peu plus problématique, ses pilotes n’étant pas encore optimisés pour certains jeux cultes. Nous avons par exemple subi de nombreux crashes sur Max Payne 3, alors que celui-ci tournait parfaitement sur Win 2. Si la stabilité est encore à parfaire, les résultats de nos tests sont dans l’ensemble particulièrement impressionnants. Resident Evil 2 et 3 tournent entre 30 et 45 images par seconde avec une qualité graphique moyenne. GTA V tourne à 30 secondes avec de nombreux détails activés. Star Wars Battlefront 2 affiche 30 fps constantes dans les phases spatiales comme dans les combats au sol avec une résolution calée à 100% (il fallait la baisser à 60 pour pouvoir espérer jouer sur Win 2). Red Dead Redemption est fluide et très jouable, tout comme la série Yakuza, Monster Hunter World, Crysis, Burnout Paradise, Watch_Dogs 2, Mortal Kombat 11, Control, Quantum Break, Alan Wake, Street Fighter V, Fortnite, Forza Horizon 4, Rage 2, les derniers épisodes de Far Cry, The Witcher 3 (bien plus beau que sur Switch), Final Fantasy XV et le reboot de Tomb Raider (attention, Shadow rame !). Même Doom Eternal s’invite à la fête avec une framerate moyen de 30 fps, et un rendu autrement plus fin que ce que l’on pourrait trouver sur Switch.

Performances concrètes

En conditions bureautiques très légères, la batterie pourra tenir un peu plus de huit heures. Sur des vidéos ou des jeux 2D ou présentant une 3D peu exigeante, il faudra compter entre 4 et 6 heures. En charge graphique intense, il faudra toutefois se contenter d’une heure trente à trois heures d’autonomie. Au passage, il est important de noter que les deux ventilateurs peuvent soulever un grand nombre de décibels. Un raccourci clavier permet d’enclencher un mode « silencieux », faisant tourner les ventilateurs à seulement 30¨% de leur capacité. Effectivement, la machine devient très discrète, mais le niveau de température dépend des jeux que l’on choisit de lancer. Nous avons contacté l’équipe de GPD à ce sujet, et ils nous ont affirmé que le processeur et l’architecture étaient pensés pour supporter des montées de chaleur régulières. Street Fighter V, par exemple, fait monter le CPU à 75° en mode silencieux, ce qui est tout à fait acceptable. Mais étonnamment, Ultimate Marvel Vs Capcom 3 fait grimper le mercure jusqu’à 100° sur certains cores, ce qui peut poser quelques soucis. N’espérez donc pas jouer à ce titre sans activer les ventilateurs à plein débit.

Le paradis du rétrogaming

Enfin, et ce sera un détail très important pour de nombreux amateurs de jeux vidéo, le GPD Win Max se présente comme un véritable paradis pour le retrogaming. La PlayStation 2 est émulée à 60 images par seconde, tout comme la PSP, la 3DS, la Wii et la Gamecube. On rappellera tout de même qu’il est légalement obligatoire de détenir les jeux originaux que l’on souhaite émuler. A bon entendeur…

En bref : une machine à l’architecture très originale, dotée d’un écran de grande qualité, d’un CPU et d’un GPU performants, d’un contrôleur parfaitement conçu et d’un SSD généreux. Si vous voulez accéder à vos bibliothèques Steam et Epic en version nomade, ou même faire du montage vidéo à la volée, le GPD Win Max est ce qui se fait de plus efficace et de plus léger actuellement sur le marché.

Notre Verdict : 9/10

Crédits : GPD

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