Ghostrunner : Notre Test

S’il n’a jamais totalement disparu des écrans (les dernières années ont vu sortir des adaptations live à très gros budget de Ghost in the Shell et Battle Angel Alita), le genre du Cyberpunk est particulièrement célébré en cette fin 2020. Si le blockbuster Cyberpunk 2077 de CD Projekt Red est évidemment sur toutes les lèvres, le genre a droit à des déclinaisons moins attendues, comme ce Ghostrunner au rythme furieux, collaboration de haute volée entre le studio polonais One More Level et les auteurs de Duke Nukem, 3D Realms.

Visuellement, Ghostrunner joue dans la cour des grands : ses niveaux absolument gigantesques baignent dans une esthétique bleu / orangé agrémentée de métal scintillant, de câbles apparents et de néons digne de ce que l’on peut attendre du genre. Ce que l’on peut apercevoir du héros (un bras robotique, un katana futuriste, et c’est à peu près tout) a également bénéficié d’un soin du détail maniaque et d’animations luxueuses. En mode « Epic » sur PC, Ghostrunner offre un spectacle éblouissant, témoignant d’une vraie maîtrise de l’Unreal Engine 4. Le jeu tourne à 60 images par seconde en 1440p sur une GeForce GTX 1070 Ti, et profite d’effets de Ray Tracing splendides sur les cartes RTX et équivalentes. En 4K, toutes options activées, il faudra compter sur une GeForce 3070 voire 3080… si vous arrivez à en trouver une en cette période de pénurie.

Un gameplay fulgurant et varié

Ces sublimes tableaux dystopiques ne doivent pas vous tromper : Ghostrunner n’est en aucun cas d’un Open World ni d’un RPG. Le gameplay peut même paraître rigide et dirigiste durant les premières minutes, le joueur étant appelé à enchaîner des mouvements acrobatiques le plus rapidement possible afin de venir à bout du premier niveau. Les commandes à maîtriser sont nombreuses : courir sur les murs, sauter juste avant de tomber dans un précipice, éviter des tirs en bullet time dans les airs, exécuter des dash, glisser sur des rampes, traverser des ventilateurs géants sans se faire découper en morceau, etc. L’environnement est entièrement pensé comme un immense jeu d’obstacles, et il faut réagir en une micro-seconde aux changements d’architecture si l’on ne veut pas finir en miette. Des adversaires postés à des endroits souvent fixes vous compliquent la tâche, et c’est un euphémisme : une balle suffisant à vous envoyer ad patres, il faut en permanence tenter de se débarrasser des ennemis à la vitesse du son, en évitant des projectiles qui peuvent fuser de tous les côtés.

Mourrez et recommencez

Si les jeux récents ont pris l’habitude de cajoler les gamers, avec des modes de difficulté adaptatifs et des assistances plus ou moins envahissantes, Ghostrunner est un Die And Retry pur et dur, mêlant des formes exigeantes de plates-formes et d’action. Les auteurs ne sont pas sadiques pour autant, puisque les Checkpoints sont très réguliers et relativement généreux, avec des temps de chargement réduits au strict minimum même sur un disque dur non SSD. 3D Realms and One More Level trouvent donc un équilibre idéal entre la frustration et l’envie d’avancer, et poussent le joueur à progresser sans relâche dans son apprentissages des mécaniques du gameplay. Les adversaires évoluent évidemment en même temps, gagnant au fil du temps des armes plus destructrices ou de nouvelles possibilités de déplacement. On s’étonnera enfin, dans pareil contexte, de la densité de la narration, et de sa capacité à développer un univers crédible sans jamais entraver le flux de l’action. Réussir à tenir ce niveau d’exigence sur plus de six heures, avec un game design aussi frénétique, c’est en soi un exploit.

En bref : Un Die And Retry féroce et ambitieux, dont la difficulté est contrebalancée par un gameplay très équilibré, à mi-chemin entre la plate-forme et l’action en vue subjective. Très original et techniquement assez remarquable, Ghostrunner fait honneur au genre du Cyberpunk et se présente comme un complément inattendu au jeu de rôle de CD Projekt Red…

Notre Verdict : 8/10

Crédits : 505 Games

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