Marvel’s Spider-Man : Notre test sur PC et Steam Deck

Trois ans et demi après sa sortie sur PlayStation 4, l’excellent Marvel’s Spider-Man est donc disponible sur PC… et entièrement compatible avec le Steam Deck de Valve. La conversion menée par Nixxies est absolument sensationnelle à tous les niveaux, et fait de l’ombre à la déjà très impressionnante version PS5.

La Version PC

Si vous possédez un PC puissant, armé d’une GeForce série 20 ou 30 et d’un CPU à la hauteur, vous allez pouvoir profiter de tous les avantages graphiques de Marvel’s Spider-Man Remastered. Proposant des formats divers (dont des 21:9 et 32:9 renforçant la sensation de vitesse lors des séquences de voltige), le jeu bénéficie surtout d’effets de Ray Tracing bien plus convaincants que sur PlayStation 5. Les reflets sont sensiblement plus réalistes et « complets », ce qui donne à l’expérience une sensation d’immersion inédite. Les modèles 3D et textures sont les mêmes que sur la machine New Gen de Sony, mais le framerate est impressionnant. Sur notre Ryzen 3950x équipé d’une GeForce 3070 Ti, en jouant sur les options graphiques, nous avons pu atteindre 144 images par seconde en QHD. Avec le ray tracing activé, nous avons pu constater 60 fps constantes en QHD. Evidemment, les possesseurs de PC moins puissants devront rogner sur les paramètres, en baissant notamment la qualité des ombres, l’ampleur du trafic, le niveau de détail des cheveux, la qualité des reflets et des textures, etc, mais l’optimisation est suffisante pour bénéficier d’un framerate à 30 images par seconde avec un rendu globalement supérieur à la version PS4.

La Version Steam Deck

Tout ceci nous amène à l’expérience de jeu sur Steam Deck, particulièrement impressionnante. Affichant des graphismes plus détaillés que sur PS4 (il s’agit après tout de la version Remastered issue de la PlayStation 5) et ce malgré la résolution légèrement inférieure (800p contre 1080p), la machine portable de Valve vient peut-être de trouver avec Marvel’s Spider-Man sa killer app ultime. Le jeu tourne en qualité graphique moyenne (c’est-à-dire superbe) à 30 images par seconde constantes en économie d’énergie (CPU limité à 9 watts, pour une autonomie d’environ 2h30). L’ergonomie des contrôles du Steam Deck a rarement été aussi bien démontrée, notamment la qualité des sticks analogiques, du gyroscope et des gâchettes analogiques. Cette version incluant tous les DLC sortis sur PS4, les joueurs nomades pourront s’éclater sur le titre pendant près de 40 heures, et même bien plus compte tenu de sa replay value exceptionnelle. Seul regret : que l’épisode Miles Morales soit encore exclusif à la PS5…

Ci-dessous, notre critique publiée en septembre 2018

Une formule connue

Autant l’affirmer tout de suite : ce nouveau Spider-Man ne révolutionne en aucun cas la formule établie par le jeu Spider-Man 2, sorti notamment sur Gamecube en juin 2004, et développée dans les titres suivants, dont Spider-Man 3, Web of Shadows, Shattered Dimensions et The Amazing Spider-Man 1 & 2. Concrètement, on demande une nouvelle fois au joueur de quadriller la ville de New York en se balançant d’une toile à l’autre, en quête d’un nouveau chapitre de l’histoire principale, ou d’une mission annexe plus ou moins passionnante. Entretemps, il est nécessaire de recueillir des trésors cachés aux quatre coins de la map (dans le cas présent, des sacs à dos oubliés par Peter Parker au cours des années passées, chacun contenant un item lié à ses aventures passées), ou de prendre en photo des monuments de la Grande Pomme, qu’ils soient réels (l’Empire State Building) ou fictifs (le Daily Bugle). En récoltant ces trésors, en accomplissant des quêtes secondaires ou en menant des combats épiques avec les voyous qui apparaissent aléatoirement sur la carte, on obtient des précieux jetons, permettant de modifier son costume ou de créer des gadgets inédits. Chaque action, mais aussi chaque voltige spectaculaire donne également lieu à un gain d’expérience, débouchant sur des montées de niveau qui se répercutent sur la vitesse, la force et la santé de Spidey. A chaque niveau supplémentaire, on obtient par ailleurs un point de compétence à dépenser dans un arbre d’améliorations divisé en trois catégories. Au bout de quelques heures, on passe ainsi d’un tisseur assez lambda à une bombe atomique sur pattes, capable d’enchaîner des combos délirants pendant les combats et de réaliser des pirouettes vertigineuses avec une fluidité désarmante.

Des personnages crédibles

S’il reprend la toile de fond des jeux précédents, ce nouveau Spider-Man corrige trois axes autrefois franchement problématiques. D’une part, la caractérisation a fait l’objet d’un soin maniaque de la part des développeurs, qui (ENFIN !) permettent au joueur d’incarner Peter Parker et même Mary-Jane Watson durant certains chapitres narrativement importants. Spider-Man ne va pas sans son alter-ego humain, et Insomniac l’a bien compris : que ce soit via la voix off de Peter ou dans l’écriture des relations entre les différents personnages, on retrouve ici l’humanité qui faisait tant briller les deux premiers Spider-Man de Sam Raimi – et tout particulièrement le second épisode. L’attachement que les auteurs parviennent à susciter vis-à-vis d’Otto Octavius, mentor de Peter Parker, en dit long sur les ambitions narratives du jeu. Dommage dès lors (même si ce n’est pas si grave en soi) que la galerie de portraits soit si banale, avec un Peter Parker au physique totalement interchangeable.

Un spectacle équilibré

L’autre grand argument réside dans l’équilibre qu’Insomniac parvient à trouver entre grand spectacle science-fictionnel et réalisme ancré dans un certain quotidien. Alors que certains jeux précédents se permettaient des séquences invraisemblables, mettant en scène des robots géants de la taille d’un immeuble, Spider-Man PS4 opte pour une action contenue et à échelle humaine, rendant les différents morceaux de bravoure d’autant plus percutants. Outre les scènes de Quick Time Event qui interviennent régulièrement pour pimenter la mise en scène, les combats en eux-mêmes sont époustouflants, grâce à une palette d’action surpassant celle des jeux Arkham. Très inspiré du chef-d’oeuvre de Rocksteady (le système d’infiltration et d’exécution est quasiment identique), le studio Insomniac met en place un système d’attaque et de parades très comparable, mais appuyé par des feintes et des options quasi-illimitées. On peut désarmer les ennemis, les entoîler pour les ralentir, s’en saisir, glisser sous leurs pieds, rebondir sur un mur avant de foncer sur eux, leur asséner des combos aériens, les projeter de différentes façons, leur envoyer au visage des éléments du décor ou les piéger sous des échaffaudages… Chaque combat est en lui-même une histoire à part entière, la disposition des lieux et des adversaires amenant à chaque fois un déroulement nouveau.

Mise en scène interactive

Le troisième et dernier argument imparable de ce Spider-Man réside dans la manière dont le joueur est appelé à mettre en scène lui-même ses prouesses physiques, chaque type d’action ayant une incidence sur le comportement de la caméra. Et on ne parle même pas du merveilleux mode photo… En clair, il est possible de passer des heures à tisser à travers New York sans jamais s’ennuyer, juste en variant les plaisirs : un slalom entre deux immeubles, une course le long d’une façade suivie d’un saut dans le vide, un plongeon radical vers une rue lointaine interrompu au tout dernier moment… On se croirait parfois dans Spider-Man 2 de Sam Raimi, dont les plans-séquences virtuoses n’ont jamais vraiment été répliqués par la suite, ni en jeu vidéo, ni au cinéma. Ce nouveau Spider-Man est celui qui s’en approche le plus, en termes de partis pris artistiques et de sensations pures.

En bref : blabla

Notre Verdict : 8,5/10

Crédits : PlayStation Studios

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