Ninja Gaiden 4, cité futuriste

Test de Ninja Gaiden 4 : notre avis complet sur le retour de la licence culte

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Auteur : Paul

26 août 2026

Ninja Gaiden 4 est le retour d’une licence qui polarise. Sorti entre octobre et novembre 2025, le titre développé par PlatinumGames et Team Ninja a suscité des réactions extrêmes, avec des notes allant de 0/20 à 20/20. Cette division n’est pas un hasard : elle est le symptôme d’un jeu au gameplay brillant, mais à la structure archaïque. Notre test de Ninja Gaiden 4 décortique cette proposition radicale qui oppose l’excellence du combat à des choix de design d’un autre temps.

Le jeu est disponible sur PC, Xbox Series X|S et PS5, édité par Koei Tecmo.

Yakumo et le gameplay : la force incontestable du jeu

Le système de combat de Ninja Gaiden 4 est son atout maître. L’ADN de PlatinumGames est palpable : l’action est ultra rapide, gore et d’une réactivité exemplaire. Chaque affrontement est une démonstration de force, portée par un système de parades, de blocages et de contre-attaques d’une richesse tactique redoutable.

Les sensations de combat : entre nervosité et précision

Ninja Gaiden 4, combat de Yakumo

Le gameplay de Yakumo, le nouveau protagoniste, est tout simplement divin. On ne tape jamais dans le vide ; chaque coup porté a un impact, chaque démembrement est viscéral. Le mode Carnage permet d’anéantir des vagues d’ennemis avec une satisfaction immédiate, tandis que l’arbre de compétences, dense et bien pensé, offre une véritable profondeur à la personnalisation des combos. Les phases de wallrun et les acrobaties s’intègrent parfaitement au rythme effréné des combats.

Les affrontements de boss sont un autre point fort. Intéressants et bien chorégraphiés, ils sont sublimés par une OST exceptionnelle qui s’adapte dynamiquement à l’action, rappelant les meilleures heures de Metal Gear Rising. Sur le plan technique, le jeu tient ses promesses avec un framerate stable à 60 FPS minimum en configuration élevée, sans aucun ralentissement.

Un pas vers l’accessibilité : options et difficultés

Ninja Gaiden 4 surprend par ses options d’accessibilité. Le jeu permet de moduler l’expérience de manière granulaire, en activant des aides sans pénalité sur les récompenses ou la progression. C’est une approche moderne et bienvenue qui ouvre la licence à un nouveau public.

Trois modes de difficulté sont proposés au départ. Le mode Normal correspond déjà à un défi élevé, tandis que le mode Facile est jugé beaucoup trop permissif. Les vétérans, eux, risquent de trouver le mode Maître Ninja décevant, jugé bien moins exigeant que celui des opus précédents. C’est un équilibrage qui laisse perplexe, manquant d’un juste milieu pour les joueurs aguerris mais non-hardcore.

Notre test de Ninja Gaiden 4 révèle des ombres au tableau : répétitivité et level design archaïque

Le gameplay, aussi excellent soit-il, ne parvient pas à masquer les faiblesses structurelles du jeu. La répétitivité s’installe rapidement, la faute à un bestiaire limité et à des ennemis qui se comportent comme de simples « sacs à PV ». Le level design est le principal coupable : le jeu est un couloir interminable, étroit et sans âme, où des arènes fermées se succèdent mécaniquement. L’exploration est inexistante, guidée par des marquages jaunes grossiers qui insultent l’intelligence du joueur.

Graphiquement, le constat est tout aussi décevant. Si les personnages principaux sont soignés, les environnements sont souvent datés, affichant des textures et une direction artistique dignes d’une production de l’ère PS3. C’est indigne d’un jeu vendu comme une expérience current-gen en 2025.

Problèmes techniques et d’immersion

Au-delà de sa structure, le jeu souffre de défauts techniques qui nuisent à l’expérience. Les problèmes de caméra sont récurrents, rendant les combats contre plusieurs adversaires particulièrement confus. Le scénario est rasoir, plombé par des cinématiques aux dialogues interminables qui cassent le rythme de l’action.

Les animations d’exécution, bien que spectaculaires, finissent par freiner la nervosité des combats. Pire encore, les ennemis à distance sont une véritable plaie, conçus pour ralentir artificiellement la progression et générer une frustration inutile.

Le traitement des personnages : entre déception et controverse

Le casting laisse un sentiment mitigé. Yakumo, le nouveau héros, manque de charisme pour une partie des joueurs. Mais la plus grande déception vient du traitement de Ryu Hayabusa. Relégué au rang de personnage secondaire, il est sous-exploité, avec un arsenal limité à une seule arme au départ et des chapitres qui ne sont que des recyclages de ceux de Yakumo.

Le jeu est également critiqué pour son fan service douteux et son « male gaze » insistant sur les personnages féminins comme Ayane et Seori. Leurs apparitions se résument souvent à des plans insistants sur leur physique, au détriment de toute écriture ou développement de personnage.

Durée de vie et rejouabilité : une expérience solide malgré tout ?

Malgré ses défauts, Ninja Gaiden 4 offre un contenu honorable. Il faut compter entre 10 et 12 heures pour terminer l’aventure en mode Normal, et jusqu’à 17 heures en Hard. La durée de vie est jugée solide pour un beat ’em all.

Une fois le jeu terminé, de nombreux bonus se débloquent, assurant une bonne rejouabilité :

  • Un mode NG+
  • De nouvelles missions annexes
  • Des défis de combat
  • Ryu Hayabusa devient un personnage jouable
  • Un boss secret à découvrir

Un DLC a déjà été annoncé, centré sur Ryu et Yakumo. Il introduira de nouvelles armes : une faux pour Yakumo et des griffes pour Ryu.

Ninja Gaiden 4 : Pour qui ? Un jeu qui divise

Ninja Gaiden 4 est un titre paradoxal, qui ne s’adresse pas à tout le monde. Sa disponibilité Day One sur le Game Pass a permis à beaucoup de s’y essayer, mais son prix de lancement, pouvant atteindre 90 € pour la version Deluxe, a été vivement critiqué.

L’héritage de la série : rupture ou continuité ?

Le jeu est perçu par certains comme une « vraie suite » fidèle à l’esprit de la saga, avec de nombreuses références aux anciens épisodes. D’autres y voient une rupture, une production « différente » qui n’atteint pas le niveau des opus cultes comme Ninja Gaiden Black ou Ninja Gaiden 2. La « patte PlatinumGames » est évidente, et le jeu rend un dernier hommage à Tomonobu Itagaki, le créateur de la série moderne, décédé avant sa sortie.

Analyse des critiques : pourquoi une telle polarisation ?

La division des avis s’explique par une différence fondamentale d’attentes. Pour les puristes du beat ’em all, le gameplay exigeant et technique suffit à faire de Ninja Gaiden 4 une réussite. Ils pardonnent facilement un level design archaïque ou un scénario anecdotique, car seul le combat compte.

Pour les autres, habitués aux standards modernes du jeu d’action AAA, ces défauts sont rédhibitoires. La comparaison avec des titres comme Ghost of Yotei est révélatrice : là où certains cherchent une expérience contemplative en monde ouvert, Ninja Gaiden 4 propose un concentré d’action pur, sans fioritures. C’est un jeu qui refuse le compromis, pour le meilleur et pour le pire.


Fiche technique de Ninja Gaiden 4 :

Note moyenne (lecteurs JVC) 12.5/20
Développeurs PlatinumGames, Team Ninja
Éditeur Koei Tecmo
Plateformes PC, Xbox Series X|S, PS5
Date de sortie Octobre – Novembre 2025
Durée de vie (Standard) 10-12 heures
Durée de vie (Hard) 17 heures
Nouveau personnage principal Yakumo
Personnage secondaire jouable Ryu Hayabusa (post-fin)
Contenu post-fin NG+, missions, défis, boss secret
Prix de lancement (Deluxe) Jusqu’à 90€


Le verdict est tombé : Ninja Gaiden 4 est un jeu au cœur brillant mais au corps fatigué. Son système de combat est une pure merveille de précision et de brutalité, un véritable modèle pour le genre. Malheureusement, cette excellence est prisonnière d’une structure datée, d’un level design paresseux et d’une réalisation technique inégale. Ce test de Ninja Gaiden 4 confirme qu’il s’agit d’une expérience de niche, qui ravira les fans d’action pure prêts à fermer les yeux sur tout le reste. Pour les autres, l’aventure risque de tourner court, laissant un goût d’inachevé et de frustration. Le futur DLC aura la lourde tâche de corriger le tir, en espérant qu’il ne se contente pas d’ajouter du contenu à une formule déjà bancale.

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Rédacteur le jour, joueur invétéré la nuit. Paul navigue quotidiennement entre les univers de survie, les mondes ouverts et la scène e-sport. Son seul objectif ? Vous livrer l'actualité gaming la plus chaude avec précision, passion et une bonne dose de caféine.