Pac-Man fête ses 40 ans : retour sur l’histoire de la série

La première « aventure » vidéoludique de la légendaire petite boule jaune est sortie le 22 mai 1980 dans les salles d’arcade japonaises. Rapidement, le studio nippon Namco se retrouve au coeur d’un véritable phénomène de société, comparable à celui de Space Invaders deux ans plus tôt. Après quatre décennies, cet improbable héros n’a toujours pas rangé ses pac-gommes, et son actualité ne semble pas près de s’épuiser…

Pac-Man a réussi à traverser les âges sans réellement remettre en question sa formule d’origine, à quelques exceptions près. En 1981, Ms Pac-Man confirme la popularité de la nouvelle franchise de Namco, et enrichit son gameplay grâce au nouveau code d’intelligence artificielle qui anime les fantômes.

Suivent Super Pac-Man en 1982, l’oublié Pac And Pal et le quizz Professeur Pac-Man en 1983, les spin-off Pac-Man Plus et Jr. Pac-Man développés par Bally Midway…

Alors qu’une série télévisée voit le jour et que les titres s’enchaînent mécaniquement sur Arcade et consoles, Namco décide en 1984 de faire un pas de côté et de transformer son icône en héros de plate-forme assez basique…

Pac-Land étant loin d’emballer les fans, Namco revient aux origines du mythes avec le génial Pac-Mania (1987), une borne au format vertical dont les graphismes isométriques ultra-colorés rompent avec la monotonie visuelle des précédents opus. De plus, les labyrinthes occupent désormais plusieurs écrans ; le challenge n’est pas relevé pour autant, Pac-Man ayant désormais la capacité de sauter par-dessus ses ennemis.

L’arrivée des consoles 8 bits renvoie pendant un temps Pac-Man au banc des remplacements, l’heure étant moins aux labyrinthes qu’aux jeux de plates-formes à la Super Mario Bros. Il faut attendre l’avènement des 16 bits pour que la boule jaune se réveille, d’abord avec le puzzle-game Pac-Attack, puis avec le platformer Pac-In-Time. Pac-Man 2 The New Adventures (1994) tente la carte du Point’n Click sur Super Nintendo, mais l’absence de souris rend le gameplay un peu rébarbatif.

En 1997, Pac-Man se met à la plate-forme 3D avec Pac-Man World, réponse directe de Namco au fabuleux Super Mario 64 de Nintendo. La réalisation n’est pas honteuse, mais la gestion de la caméra est un peu frustrante et la perte de personnalité du personnage (qui est désormais capable de tirer des pac-gommes sur ses ennemis) et trop forte pour garantir le plaisir de jeu sur la longueur.

Il faut attendre l’an 2000, dont le vingtième anniversaire de la série, pour que Namco renoue avec les environnement des origines. Sorti sur PS1, Nintendo 64, puis Dreamcast, Ms Mac-Man Maze Madness est certes un peu trop facile, mais son mélange de labyrinthes old-school et d’aventure 3D next-gen se montre encore aujourd’hui étonnamment convaincant.

Sorti lui aussi en 2000 sur PC CD-Rom, Pac-Man Adventures in Time de Hasbro Interactive souffre au contraire d’une mise en scène zélée, les développeurs soulignant en permanence leur 3D temps réelle en faisant basculer l’écran de droite à gauche jusqu’à la nausée. Dommage, car le concept renoue avec les jeux d’arcade des eighties, et en dehors de cinématiques en synthèse assez risibles, la modélisation des décors et des personnages reste soignée. Une autre exclusivité PC, Ms Pac-Man Quest For The Golden Maze d’Infogrames sorti en 2001, est certes beaucoup plus simpliste visuellement qu’Adventures in Time, mais l’action s’avère être infiniment plus lisible, et le game play reprend presque à l’identique celui du jeu d’arcade de 1981. Infogrames récidive en 2002 avec Pac-Man All Stars.

En 2001, face à la demande grandissante du public en termes de retro-gaming (la scène de l’émulation est alors en train d’exploser), Namco est l’un des premiers studios à se lancer dans le marché de la compilation avec Pac-Man Collection, qui regroupe quatre jeux de la série dont Pac-Man et Pac-Mania. L’année suivante, le développeur sort Pac-Man Fever sur Gamecube et PlayStation 2, un Party Game dans la veine de Mario Party incluant des personnages invités tirés de Soulcalibur, Ridge Racer et Tekken. Le jeu est dans la moyenne du genre, et se consomme comme une bonne raclette. Un second titre du même genre, Pac-Man Party, sortira sur Wii en 2010.

En 2003, la PS2, la Gamecube et la Xbox accueillent Pac-Man World 2, un jeu de plates-formes cette fois-ci en full 3D, c’est-à-dire doté d’un vrai gameplay à 360°. L’excellente profondeur de champ rend l’expérience assez immersive (on peut apercevoir des pac-gommes à ramasser à l’autre bout du décor) et les défauts de caméra du premier opus ont été légèrement corrigés. Sans atteindre le niveau d’un Mario Sunshine, Pac-Man World 2 reste l’un des meilleurs épisodes dérivés de Pac-Man, et l’un des platformers les plus recommandables de cette génération de consoles. Un troisième Pac-Man World sortira en 2006, proposant un concept et des graphismes très similaires.

En 2003, le génial Pac-Man Vs sur Gamecube propose à un joueur d’incarner la boule jaune, et aux trois autres d’incarner les fantômes lancés à ses trousses, le tout dans des niveaux graphiquement proches des bornes d’origine. Une gameboy advance connectée à la GC est toutefois nécessaire pour pouvoir y jouer, ce qui réduit forcément l’impact commercial du titre. Le jeu ressortira en 2006 sur Nintendo DS.

En 2005, la DS accueille son premier jeu Pac-Man : Pac’n Roll, mélange de puzzle-game et de jeu de plates-formes doté d’une ambiance particulièrement festive. La même année et sur le même support, Pac Pix propose de dessiner stratégiquement des Pac-Man sur l’écran tactile, dont la trajectoire se poursuivra sur l’écran du haut. Un concept furieusement novateur, rendu possible par la machine portable novatrice de Big N.

En 2006, sans doute jaloux du monopole de Nintendo en la matière, Namco décide de concurrencer Super Mario Kart avec Pac-Man World Rally sur Gamecube, PS2 et PC. Le jeu propose évidemment de contrôler les principaux personnages de la série (Ms Pac-Man, Jr. Pac-Man, les fantômes), et ajoute même un Pac-Devil assez étrange. Sur le circuit, on se retrouve effectivement face à un clone de Mario Kart, mais la maniabilité soignée et les pouvoirs spéciaux à ramasser au fil du tracé permettent de passer un assez bon moment.

Après toutes ces expérimentations plus ou moins heureuses, Namco parvient ENFIN à retrouver l’essence du jeu original avec le fabuleux Pac-Man Championship Edition sur Xbox 360 (via le Xbox Live Arcade). Le jeu est une déclaration d’amour à la légende de Pac-Man, et derrière ses atours de compilation graphique (on peut choisir entre différents environnements visuels, issus de Ms Pac-Man, Pac-Mania ou d’autres épisodes cultes), le game design bénéficie d’une refonte incroyablement pertinente. Des bombes font leur apparition, de même que des labyrinthes en constante évolution. La traque aux fantômes à l’aide des pac-gommes spéciales devient particulièrement jouissives, la quantité d’ennemis lancés aux trousses du héros n’ayant jamais été aussi élevée. Jouant sur un concept de combos inspiré des shoot’em up du studio japonais Cave, voire de Geometry Wars de Bizarre Creations, Pac-Man CE réinvente Pac-Man tout en assumant pleinement ses origines. Depuis 2007, Namco ne cesse d’affiner la formule de Pac-Man CE avec des titres comme Pac-Man CE DX et Pac-Man CE 2. On peut également citer le jeu en ligne Pac-Man 256, un spin-off sorti en 2016 sur PC, consoles et smartphones dont les environnement s’inspirent d’un célèbre bug du jeu original, le fameux glitch du niveau 256.

S’il n’a jamais été aussi ambitieux dans le genre du labyrinthe, Namco n’a pas pour autant abandonné l’idée d’adapter l’univers de Pac-Man au monde de la plate-forme. En 2013, une nouvelle série dérivée en deux épisodes est en effet lancée : Pac-Man And The Ghostly Adventures sur Xbox 360, PS3, Wii-U. Le game design s’inspire à la fois des jeux de platformers 3D de Sonic (on peut se projeter sur les adversaires) et de Mario (Pac-Man a droit à plusieurs déguisements, tous dotés de skills spécifiques). La réalisation est très réussie, et la variété des phases de boss finissent de convaincre.

En quarante ans, Pac-Man s’est également payé quelques caméos marquants. Il est apparu dans plusieurs épisodes de Super Smash Bros, le jeu de combat festif de Nintendo, mais aussi dans les films Karate Kid, Pixels et Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, dans le documentaire Chasing Ghosts – Beyond The Arcade, et dans les séries Fraggle Rock, Friends, Family Guy et Futurama. Le site LooneyTunes.com a consacré au personnage de Taz une parodie vidéoludique de Pac-Man, et la géniale chaîne Youtube Dorkly a par ailleurs consacré à la boule jaune quelques épisodes mémorables.

Pour son 40ème anniversaire, Pac-Man débarque enfin dans Minecraft, de même que son monde labyrinthique et sa quête perpétuelle du high-score. Il semblerait que l’histoire de la boule pixelisée soit encore loin d’être terminée…

Crédits : Bandai Namco

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