Star Wars Squadrons : notre test du Solo en VR

Déjà en charge de la campagne solo de l’excellent Star Wars Battlefront 2, le studio Motive passe à la vitesse supérieure avec Squadrons, simulation de dogfight spatiale entièrement jouable en réalité virtuelle. Pour tester le jeu, nous avons enfilé notre Oculus Quest 2 flambant neuf, nous l’avons branché en link à un PC puissant (Ryzen 3950x, 32 Go de ram et GeForce GTX 1070 Ti), et nous nous sommes autorisés un certain délai avant publication, histoire de pouvoir ménager quelques phases de repos hautement conseillées en VR. Voici nos impressions.

Au lendemain du Retour du Jedi

Le mode solo de Squadrons est divisé en deux parties distinctes : d’un côté un mode entraînement où l’on prend part à des batailles endiablées contre des croiseurs monumentaux aux côtés d’intelligences artificielles, de l’autre une campagne narrative d’une durée d’environ six heures. Si le premier permet d’augmenter la replay value, de la même manière que le mode Arcade Personnalisé de Battlefront 2, c’est bien l’histoire qui nous intéresse le plus. Développée en collaboration avec les équipes de Lucasfilm, l’intrigue se situe au lendemain de la bataille d’Endor (juste après Le Retour du Jedi, donc), alors que la Nouvelle République tente de se débarrasser une bonne fois pour toutes de l’Empire. L’originalité du récit tient à son refus du manichéisme : on alterne en effet entre un pilote de l’Alliance Rebelle et un soldat de l’Empire, chacun gravissant peu à peu les échelons hiérarchique et se retrouvant à la tête de son propre escadron. Le rythme de la partie devrait également brosser les fans hardcore dans le sens du poil, puisqu’il rappelle les formidables X-Wing et Tie Fighter sortis au début des années 1990 sur PC. Avant chaque mission, le joueur se retrouve dans le hangar d’un croiseur, peut discuter avec ses compagnons d’armes, personnaliser son vaisseau et se rendre en salle de briefing. Ces séquences d’exposition sont particulièrement immersives, chaque lieu étant modélisé à 360° jusque dans ses moindres détails. C’est particulièrement frappant en VR, la liberté du regard et le rendu stéréoscopique soulignant en permanence le gigantisme des différentes salles et structures. Des mécanos réparent des véhicules à plusieurs dizaines de mètres de là, des droïdes se baladent entre les câbles qui jonchent le sol, des pilotes discutent du combat qui les attend, des opérateurs surveillent ordinateurs et radars, des hologrammes sont projetés face au joueur… La scénographie est proprement hallucinante, et profite au passage d’un son 3D phénoménal.

Immersion totale

Une fois le briefing passé, il est temps de grimper dans son aéronef. La procédure est exactement la même que dans X-Wing VR Mission, le DLC gratuit du premier Star Wars Battlefront : on peut inspecter l’appareil depuis plusieurs points de vue prédéfinis, puis grimper dans le cockpit et profiter du calme pendant quelques secondes encore, tandis qu’un technicien place votre droïde à l’arrière. Lorsqu’on presse la gâchette droite, la vitre se referme lentement, laissant apparaître des imperfections et rayures au réalisme troublant. Une courte cinématique s’enclenche (dont la diffusion beaucoup trop près des yeux nous a posé quelques sérieux soucis sur Oculus Quest 2), et nous voilà soudain dans l’espace, en train de converser avec son escadron. Ceux qui n’ont jamais testé X-Wing VR Mission ou EVE : Valkyrie risquent d’avoir un choc lors de leur première escapade sur Star Wars Squadrons en réalité virtuelle. Photoréaliste, le cockpit regorge déjà de données dynamiques, informant le joueur sur la vitesse de déplacement, les stocks de munitions ou l’état du bouclier. En regardant vers la droite, on peut voir les canons de l’appareil. En se retournant à 180°, on peut observer son astromech, animé avec un soin maniaque. Les passages en hyper-espace sont dignes de ceux des longs-métrages, et la taille des star destroyers que l’on est régulièrement amené à affronter est réellement vertigineuse. Certains combats se déroulent au sein de stations spatiales aux proportions délirantes, près de l’atmosphère d’une planète, ou au cœur d’une station minière bâtie sur un astéroïde. En dépit du contexte spatial, les environnements brillent par leur variété et leur inventivité, tout comme le « bestiaire » mécanique offert par Motive. Chaque camp dispose de quatre vaisseaux jouables : X-Wing, A-Wing, Y-Wing et U-Wing pour l’Alliance, Tie Fighter, Tie Interceptor, Tie Bomber et Tie Striker pour l’Empire. Les appareils non-joueurs sont par ailleurs nombreux, contribuant à la crédibilité globale de cet univers.

Stratégie old-school

S’il est très sympathique à jouer sans casque, Squadrons trouve réellement sa raison d’être en VR. Certains choix de gameplay discutables en 2D semblent d’ailleurs pensés pour limiter le motion sickness : on pense surtout à la possibilité de figer son appareil dans les airs et de freiner totalement sa progression, là où les vaisseaux de Battlefront 2 avançaient en toute circonstance. Loin d’être anecdotique, cette option influe sur le dynamisme global des batailles. Les manœuvres délirantes – pour ne pas dire suicidaire – sont moins nombreuses, mais l’approche stratégique en sort grandie, chaque déplacement devant être pesé avec la plus grande attention. Dans le même ordre d’idée, Squadrons a le bon goût de recycler le système de répartition énergétique popularisé par les antiques X-Wing et Tie Fighter. On peut ainsi favoriser la vitesse de l’appareil, la puissance et la fréquence des tirs ou la solidité du bouclier, ou équilibrer les ressources de façon équitable. Dans le feu de l’action, passer régulièrement d’un mode à un autre est vital, en particulier lorsqu’on se retrouve face à une flotte menée par un croiseur interstellaire. Particulièrement tendus, ces affrontements épiques constituent l’essence de Squadrons. Véritable fantasme de tout gosse ayant grandi sous l’influence de la saga de George Lucas, le jeu de Motive est une démonstration de tout ce que devrait être un jeu en réalité virtuelle. Sans atteindre le niveau inaccessible de Half Life Alyx, Squadrons devrait rapidement s’imposer comme l’un des piliers de la culture VR…

En bref : Avez-vous déjà rêvé de piloter un X-Wing ou un TIE Fighter, et d’affronter des croiseurs longs de plusieurs kilomètres ? C’est exactement ce que vous propose Star Wars Squadrons, un jeu incroyablement immersif qui devrait contribuer à relancer le marché de la réalité virtuelle. Joli sur PS VR, le titre est à tomber à la renverse sur PC, à condition que votre configuration soit suffisamment puissante.

Notre Verdict : 8,5/10

Crédits : EA, Lucasfilm

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