ODIN : notre avis sur la console Android d’AYN

Dans notre viseur aujourd’hui, une console portable 100% indé en provenance de Chine, qui devrait ravir les amateurs de rétro-gaming et de beau jeu sur Android...

Depuis que la WiiU a prouvé la viabilité des tablettes gaming, le marché des consoles portables n’a cessé d’exploser. Le constructeur français Archos est parmi les premiers à être entré dans l’arène avec l’excellent Gamepad 2, mais il s’est vite fait dépasser par les chinois de GPD, qui ont surfé sur la vague du rétrogaming avec les modèles Q9, XD et XP, avant de se lancer dans le PC gaming ultra-portable avec les GPD Win 1, 2 et 3, et l’incroyablement puissant GPD Win Max. D’autres concurrents sont apparus, notamment l’AYA Neo et ses dérivés (Next, Next Pro, etc.) et le Onexplayer et son écran gigantesque. Si la Switch reste la console hybride préférée du grand public, Valve est bien sûr en train de redéfinir les contours du marché nomade avec le Steam Deck, dont les premiers exemplaires ont été envoyés aux acheteurs durant le premier trimestre 2022.

Here comes a new challenger

Au milieu de ce tsunami technologique implacable, un petit nouveau essaie de nager plus vite que ses concurrents. Il s’agit d’AYN Technologies, petite start-up localisée dans la métropole de Shenzhen. Pour son coup d’essaie, AYN a décidé de rivaliser directement avec le bien installé GPD et surtout son récent modèle XP, sorte de smartphone modifié pour ressembler à une console portable, et donc doté d’un écran beaucoup trop large pour les jeux rétro. AYN préfère tabler sur un écran 16/9 de 6 pouces de diagonale, soit un peu moins grand que celui d’une Switch standard, mais plus que celui d’une Switch Lite. L’écran est de très bonne tenue, avec une saturation convaincante, une gestion des reflets assez peu handicapante, et un niveau de luminosité suffisant pour jouer dans des intérieurs très éclairés, voire dans des extérieurs nuageux. Rafraichie à 60hz, la dalle est évidemment tactile, et même très précise sur cet aspect. L’OS proposé est une version customisée d’Android 10, dotée d’un software de lancement d’applications et de jeux que AYN promet d’améliorer au fil du temps. Le soft en question est très intuitif, et permet d’organiser ses jeux, émulateurs et apps en grosses icônes comme sur un Steam ultra-simplifié. Des options ajoutées par AYN permettent de modifier la vitesse du processeur ou du ventilateur, ou d’activer ou non les LED qui accompagnent les côtés de la machine ou entourent chaque stick analogique. Le gain d’autonomie reste minime.

Autonomie et performances

Puisqu’on parle d’autonomie, sachez que la bête abrite une batterie de 6000mah, ce qui dans les faits garantit des phases de jeu plus ou moins étendues, en fonction des activités choisies. Le modèle Pro est basé sur un CPU Qualcomm Snapdragon 845 et un GPU Adreno 630, accompagnés par 8 Go de Ram. L’émulation étant au cœur du paragraphe à venir, rappelons qu’il est impératif de posséder le jeu d’origine si l’on veut légalement pouvoir l’émuler sur un support de ce genre. Avec AetherSX, un émultateur PS2 sorti en début d’année, la console fonctionnera pendant près de quatre heures sur un titre exigeant comme Burnout, lequel affichera près de 60 images par seconde en résolution native. Sur Wii, en 720p, Geometry Wars Galaxies (soit l’un des meilleurs jeux de l’univers) tournera à 60 fps lui aussi, et Sonic Colors à 30 fps, framerate locké sur la console d’origine. La Saturn et la Dreamcast ne poseront aucun, tout comme 80% du catalogue de la Gamecube et l’intégralité des 8 et 16 bits. Si vous rêvez de balader votre collection sans avoir à brancher un téléviseur cathodique et votre console à un sac à dos, l’Odin devrait mettre des paillettes dans votre vie de rétro-gamer. La plupart des gros jeux Android ne poseront évidemment aucun problème : nous avons mesuré Genshin Impact, Call of Duty Mobile, Asphalt 9 Legends et Dead Cells à près de 60 images par seconde constantes, pour une autonomie allant de 5 à 10 heures.

En bref : Design splendide, autonomie exemplaire, refroidissement efficace, nuisances sonores quasi-inexistantes (en mode intelligent, on n’entend pas le ventilateur), écran remarquable, son intégré au volume un peu faible mais techniquement convaincant, contrôleurs solides et confortables (avec gâchettes analogiques, s’il vous plaît), et surtout puissance de calcul impressionnante… Il n’y a pas à dire, AYN frappe fort avec sa première console portable. Ceux qui aiment mettre les mains dans le cambouis seront d’ailleurs ravis de pouvoir installer d’autres OS sur la machine, notamment Windows 1, avec des résultats assez étonnants pour des AAA d’il y a quelques années, mais une autonomie bien plus faible. Enfin, si les premiers modèles souffraient parfois de problèmes de petites gâchette mortes à l’arrivée, des kits de réparation ont depuis été envoyés aux gamers, et les nouveaux modèles ont tous été corrigés. A moins de 300 euros pour le modèle Pro, et moins de 200 pour le modèle Lite, ont peut difficilement rêver mieux dans le genre.

Notre Verdict : 9/10

Petit bonus avant de vous quitter : AYN a également mis sur le marché un SuperDock compatible avec la Switch, disposant de cinq ports USB, deux authentiques ports N64, deux authentiques ports Gamecube, un port USB-C, un connecteur micro-USB, deux ports HDMI, un port Ethernet et un slot pour disque dur 2.5. Rien que ça…

Crédits : AYN

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